S’il existe un lieu azuréen indissociable du couple Windsor, c’est bien le Cap d’Antibes. Le Château de la Croë, vaste propriété dominant la mer, devient à partir de mai 1938 l’une des principales résidences françaises du duc et de la duchesse de Windsor. La date est importante : elle confirme que la Côte d’Azur n’est pas seulement un décor de villégiature occasionnelle, mais un ancrage réel dans leur vie d’après-abdication.
Le choix du Cap d’Antibes n’a rien d’anodin. À l’époque, la Riviera française attire aristocrates, artistes, milliardaires et têtes couronnées. Elle offre un mélange rare : un prestige international incontestable, mais aussi une certaine distance avec Londres, la Cour et le poids des conventions britanniques. Pour Edward et Wallis, c’est l’endroit idéal pour exister encore sans avoir à régner.
Le Château de la Croë participe de cette image. La propriété, bâtie à la fin des années 1920 sur le Cap d’Antibes, permet au couple de recevoir, de se retirer et de mettre en scène une forme d’élégance souveraine, mais désormais privée. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate et que la situation se dégrade en France, les Windsor quittent la villa en juin 1940. Ils y reviennent après la guerre, signe que ce lieu a réellement compté dans leur géographie intime.
L’histoire du Cap d’Antibes dans la trajectoire des Windsor dit quelque chose de plus profond : la Côte d’Azur leur permet de transformer l’exil en style de vie. Là où Londres leur refusait une place officielle, Antibes leur offre un espace de continuité, de prestige et de distance. Ce n’est plus un royaume, mais c’est déjà une forme de territoire symbolique.
